Photographe : Ellen KOOÏ

Photographe : Ellen KOOÏ

Le travail de la photographe néerlandaise Ellen Kooï a été présenté à la réunion du  4 février pour une réflexion sur la gestion des éclairages dans le prolongement de l’atelier strobisme de janvier. Malgré nos nombreux experts, quelques unes des questions soulevées sont restées sans réponse. Vous pouvez retrouver ses photos sur son site (https://www.ellenkooi.nl/portfolio) ou la partie qui lui est dédiée sur la galeriehttps://www.fillesducalvaire.com/artiste/ellen-kooi/

Cette présentation est tirée de deux articles du catalogue de l’exposition « Out of sight » d’Ellen Kooï à Toulouse en 2011 dans le cadre du week-end de l’Art Contemporain, rédigés par Frits Gierstberg et Bernard Marcellis.  
Helene Kooï est une photographe néerlandaise.  Née en 1962 aux Pays-Bas, elle a étudié dès l’âge de 19 ans à l’école des beaux-arts de Groningue pendant six ans,  puis plus tard à l’académie royale des beaux arts d’ Amsterdam durant un an. Aujourd’hui, Ellen Kooi vit et travaille à Haarlem. En plus de son métier d’artiste, elle enseigne à l’école des beaux-arts de Groningue.
Technique
Ellen KOOI travaille en numérique sans photomontage. Elle utilise le grand angle, la contre plongée  et le format panoramique pour accroître la perception de l’espace et donner au spectateur l’illusion de se trouver au sein du paysage photographié.
La particularité de son travail ne réside pas uniquement dans le choix du décor, mais encore davantage dans l’exécution proprement dite.

Mise en scène
Ellen Kooi ne prend pas de photographie spontanée. Elle préfère la mise en scène soignée et patiente, qui relève de l’univers théâtral qu’elle a photographié à ses débuts.
Le paysage est parfois plus qu »un simple décor,  les arbres peuvent devenir des accessoires phares de la mise en scène.
Son travail
Ses images mêlent avec subtilité le merveilleux et la peur et renvoient immanquablement à l’univers du conte. Chez elle le réalisme et l’irréel vont de pair, la balance penchant tantôt d’un coté, tantôt de l’autre. Influencée par le surréalisme et cultivant un penchant marqué pour l’absurde, Ellen Kooi fait naître la poésie de ses clichés, qu’ils soient urbains ou ruraux.
Son travail oscille entre deux composantes essentielles : les paysages au ciel dense et l’étrange présence de ses personnages.
Elle nous montre une certaine typologie du paysage hollandais, même si elle a aussi travaillé en Italie et aux Etats-Unis.
Ses paysages
Ses vastes paysages sont comme un décor parfaitement équilibré entre terre et ciel. La première fait office de scène alors que le second se présente comme un décor peint, une sorte de trompe-l’œil magnifié par une palette de couleurs à la limite de la réalité.
Ellen Kooi se sert astucieusement  des ciels de plomb, du brouillard pour créer cet  effet de malheur imminent  ou une tension de nature différente. L’importance du ciel et de ses teintes est amplifiée par l’effet de miroir au sol que provoquent flaques, cours d’eau,  canaux et autres bras de mer dont ses paysages sont clairsemés.
Le polder n’est pas le paysage paisible, immobile, qu il peut sembler à première vue. Il déborde de tensions, de forces qui s’opposent. C’est un lieu ou la terre et et l’eau se disputent l’hégémonie, où le vent fait plier les arbres et menace d’emporter tout ce qui n’est pas fixé.
Cette caractéristique typiquement hollandaise confère une unité visuelle certaine à son travail et participe pour une part aux atmosphères d’étrangeté qui s’en dégage.
Ses personnages
Elle place ses acteurs dans le paysage comme s’ils faisaient partie d’une grande narration. Son intérêt pour la danse contemporaine transparaît également dans son œuvre.
Les modèles qui posent pour elle sont souvent dans des situations saugrenues et dans des paysages saisissants. Rares sont les regards qui ne convergent pas vers un ailleurs indéfini, hors du champ de la perspective classique de la composition.
Ellen Kooi ne donne pas de réponse à cet effet narratif induit par les regards, la position des corps, les attitudes et les déplacements de ses personnages. Elle se contente de suggérer. Le spectateur est engagé activement dans la narration, ce qui génère un mécanisme d’empathie et d’identification avec les personnages.
Les mots de l’artiste
«Vous pouvez voir mes images comme des énigmes non résolues, mais ce serait une façon de penser trop« logique », comme s’il devait y avoir une réponse à tout. Il n’y a pas de réponse unique à une histoire. Ce qui m’importe vraiment, c’est que les histoires que je raconte sur le corps, sa force et sa vulnérabilité trouvent un écho dans les expériences personnelles du spectateur. Mes histoires ont des terminaisons ouvertes et je les présente pour que chacun puisse imaginer ses propres histoires et trouver ses propres réponses. »

 

 

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